Le Serrage bassin Rebozo

Le rebozo (châle en français) n’est pas qu’un tissu. C’est une mémoire tissée.
Le rebozo est une écharpe tissée, aux motifs couleur et matériaux variés qui  trouve son origine au Mexique, et que l’on retrouve dans plusieurs pays d’Amérique centrale. Il est né d’un métissage culturel.

À l’origine, le rebozo est un vêtement du quotidien. Les femmes s’en servent pour se couvrir, porter leurs bébés, transporter des charges, se protéger du soleil ou du froid. Il est à la fois utilitaire et profondément symbolique. Chaque région développe ses motifs, ses couleurs, ses façons de nouer. Un rebozo peut raconter d’où l’on vient, parfois même à quelle communauté on appartient.
Avec le temps, ce tissu est devenu un outil de soin, un symbole de féminité et de transmission.

Dans la tradition mexicaine, les sages-femmes, appelées parteras, l’utilisent pour accompagner les femmes pendant la grossesse, l’accouchement et le postpartum. Le rebozo sert à bercer le corps, à soulager, à repositionner, à contenir. Il devient un prolongement des mains.
Le soin rebozo, tel qu’il est transmis aujourd’hui, notamment avec le rituel du resserrage du bassin, s’inscrit dans cette lignée. C’est un savoir ancestral, transmis de femme à femme, souvent dans l’intimité.

Le rebozo est un pont entre cultures. Entre corps et mémoires. Entre ce qui s’ouvre… et ce qui, doucement, apprend à se refermer, à se rassembler.

Il peut avoir donc plusieurs utilisations.

En Post Partum

Après l’accouchement, le bassin de la femme est élargi, les ligaments sont encore souples, l’énergie dispersée. Le resserrage du bassin vient alors comme une étreinte contenante. Le tissu enveloppe, soutient, rapproche. Il ne force rien, il accompagne un mouvement naturel de retour à soi.
Physiquement, ce geste aide à refermer en douceur le bassin, à soulager certaines tensions lombaires, à soutenir les organes qui reprennent leur place. Il favorise aussi une sensation de stabilité, presque d’ancrage.

Le bassin n’est pas seulement une structure osseuse. C’est un centre, un lieu de passage, de transformation, de mémoire.

Dans le postpartum, le resserrage agit ainsi également sur le plan émotionnel. Il vient marquer une étape. Un “avant” et un “après”. Il permet de symboliser la fin de la grossesse, de refermer ce chapitre pour en ouvrir un autre, celui de la rencontre avec son enfant… et avec une nouvelle version de soi-même.

Dans le processus de deuil

Dans le cadre du deuil périnatal, ce geste prend une profondeur encore différente. Que ce soit pour une fausse couche, une interruption volontaire de grossesse, une interruption médicale de grossesse ou une perte gémellaire.
Quand il n’y a pas de bébé à ramener à la maison, le corps, lui, ne “sait pas”. Il a traversé une ouverture, un passage, une attente.

Le resserrage du bassin devient alors un rituel de réparation.
Le tissu rebozo agit comme des bras invisibles. Il contient ce qui déborde. Il soutient ce qui s’effondre. Il permet parfois aux larmes de couler dans un espace sécurisé, doux et bienveillant.
Dans ces moments-là, le soin n’est pas seulement physique. Il devient un acte de reconnaissance. Une façon d’honorer ce qui a été vécu, même si cela n’a pas pris la forme attendue.

Il aide à redonner des contours à un corps qui a été traversé par l’absence.
Recevoir un resserrage du bassin c’est offrir à son corps de l’attention et une possibilité de clôture, mais aussi de continuité. Car resserrer, ce n’est pas se fermer au monde. C’est se rassembler, retrouver de la sécurité dans un corps fragilisé, pour pouvoir, un jour, s’ouvrir autrement.

Par ce soin, le corps retrouve sa cohérence et le cœur la possibilité d’aimer à nouveau le moment venu.

Il peut être utilisé de la même façon dans tout type de deuil (perte d’un proche, hystérectomie, mastectomie…).

En post-traumatique 

Le serrage du bassin avec le tissu Rebozo peut être proposé comme un soin d’accompagnement dans certains parcours post-traumatiques, notamment après un vécu d’abus, de violence ou d’effraction du corps et de l’intime.


Dans ces situations, le corps reste parfois en état d’alerte, dispersé, “ouvert” malgré lui, comme si les limites corporelles et émotionnelles avaient été profondément bouleversées.Le serrage du bassin offre alors un espace de recentrage, de contenance et de réappropriation corporelle.


Par la pression enveloppante du tissu, le corps peut retrouver une sensation de sécurité, d’appui et de limites rassurantes. Certaines personnes décrivent un sentiment d’être “tenues”, “ramenées à elles-mêmes”, ou encore une impression de réunification intérieure, comme si les morceaux épars du vécu pouvaient doucement se rassembler.Ce soin ne cherche pas à faire revivre le traumatisme ni à remplacer un accompagnement psychologique ou médical. Il s’inscrit dans une approche douce, respectueuse du rythme de chacun, où la personne reste libre, actrice et écoutée à chaque instant.


Le Rebozo peut ainsi soutenir un chemin de reconstruction corporelle, de réancrage et de reconnexion à soi, dans un cadre sécurisant et profondément humain. Chaque soin est adapté avec délicatesse, consentement et présence, afin que le corps puisse retrouver progressivement confiance, stabilité et apaisement.

Pour refermer une période de vie

Le serrage du bassin Rebozo peut également accompagner les grands passages de vie, ces seuils invisibles où une femme sent qu’une étape se termine et qu’une autre cherche doucement à naître.
La ménopause, un changement profond, une séparation, un départ des enfants, une reconversion, une maladie traversée ou simplement la fin d’un cycle intérieur peuvent parfois laisser la sensation d’un entre-deux, comme une porte restée entrouverte dans le corps et dans l’âme.
Dans ces moments de transition, le serrage du bassin devient un rituel symbolique et corporel de fermeture et de recentrage.

Le tissu vient envelopper, contenir, soutenir. Il permet au corps de se déposer, de ralentir, et parfois de marquer intérieurement la fin d’un chapitre. Certaines femmes ressentent une profonde détente, d’autres parlent d’un sentiment d’alignement, de retour à elles-mêmes, comme si quelque chose pouvait enfin se déposer et trouver sa juste place.
Ce soin invite à honorer ce qui a été vécu sans avoir à le retenir.


Il offre un temps pour intégrer, remercier, laisser partir, puis accueillir la suite avec davantage de stabilité et de présence à soi.

Le Rebozo accompagne ainsi les passages de vie avec douceur et dignité, comme une étreinte symbolique venant dire au corps qu’il  peux refermer ce cycle et qu’il peut maintenant avancer autrement.