L’enfant en fin de vie

Spécificités de l’enfant en soin palliatif et en fin de vie

Accompagner ces enfants dans ces instants si difficiles me tient particulièrement à cœur, car le toucher et le contact physique sont une des dernières choses agréables qu’ils vont pouvoir vivre et ressentir.

L’objectif ici n’est plus la guérison, mais le confort, la qualité de vie et la possibilité, pour l’enfant et sa famille, de traverser cette période avec le plus de douceur possible.

La famille, elle, devient le cœur du dispositif. On soutient les parents dans leurs choix, leurs doutes, leurs élans de courage et leurs moments d’effondrement. On veille à préserver la présence des proches, les rituels, les habitudes qui rassurent, et parfois les petites joies du quotidien qui tiennent debout.
Ce type de prise en charge nécessite une coordination fine entre soignants, psychologues, bénévoles et structures externes pour maintenir une continuité, que ce soit à l’hôpital ou à domicile. L’idée est d’ouvrir un espace où la douleur, la tendresse, la peur et l’amour peuvent cohabiter, sans chercher à les corriger, mais en les accueillant pleinement.

L’accompagnement, comme je le vis et le pratique en ce temps de vie si important, devient un moment très particulier d’échange et de complicité.
Si le soin ostéopathique est une pratique visant à soulager avant tout la douleur et à apporter confort et détente, le temps du soin est un moment suspendu qui peut permettre de s’échapper de la terrible réalité de la maladie et de la fin qui approche.


Un temps pour reprendre son souffle, oublier son corps souvent meurtri et l’aimer à nouveau l’espace de quelques minutes, car il n’est plus seulement le siège de la souffrance, de la peur, mais il redevient lieu de plaisir, identité propre, intimité pure et moyen d’existence.
Le soin psycho-corporel devient alors un langage non verbal entre moi et l’enfant, un moment de réunification, de retrouvaille.

La présence de l’enfant gravement malade change, sa présence à lui-même et donc sa présence à nous aussi va être différente. Il va s’inscrire plus intensément dans le moment présent, et le soin qui en découle aussi, car après cet instant nous ne savons pas s il y en aura un autre…

Ainsi sans mots dire, simplement par la qualité de présence et de toucher, je ne prends pas seulement en compte les douleurs physiques mais aussi toute la souffrance psychique et émotionnelle, que l’enfant va pouvoir laisser sortir et exprimer à travers son corps, pour se sentir un peu plus léger, un peu plus libre…